Sommaire

IntroductionVue d’ensembleLe CICR et les persécutions naziesPrisonniers de guerre et internés civilsActions de secoursLe CICR à HiroshimaLes suites du conflitRécits et témoignages

Introduction

Le 1er septembre 1939, l’invasion de la Pologne par les troupes nazies marque le début de la Seconde Guerre mondiale. La réponse du CICR à l’ouverture des hostilités ne se fait pas attendre. L’organisation humanitaire fait parvenir dès le lendemain une missive aux belligérants pour exposer son plan d’action, axé sur la protection du personnel sanitaire, l’assistance aux prisonniers de guerre et internés civils, l’échange des malades et grands blessés, l’instauration de zones de sécurité et la protection des civils tombés aux mains de l’ennemi. [1] Pour mener à bien ces missions, l’institution envoie ses délégués dans les pays secoués par le conflit. Des campagnes de secours sont mises en place pour venir en aide aux populations civiles qui subissent les bombardements, les persécutions ethniques et religieuses, la famine et l’occupation. Malgré ses efforts ininterrompus pour alléger le poids des souffrances engendrées par la guerre, le CICR est rapidement confronté à des obstacles majeurs. Il est contraint de s’adapter aux restrictions à son action imposées par les gouvernements belligérants, comme les interdictions répétées de visiter certains camps de prisonniers ou d’internés civils. Alors que les proportions du conflit ne cessent de croître, il peine à atteindre l’ensemble des populations touchées. Plus dramatique encore, l’institution se montre incapable d’intervenir en faveur des victimes du génocide et des persécutions nazies, qu’elle renonce notamment à dénoncer publiquement avant 1943 (voir la deuxième partie du guide pour plus d’informations sur ce point).

Ce guide de recherche vise à donner un aperçu aussi exhaustif que possible des ressources documentaires existantes sur les activités du CICR pendant la Seconde Guerre mondiale. Chacune des sections qui le composent est dédiée à un domaine d’action spécifique de l’organisation et présente les sources primaires ainsi que les études de littérature secondaire qui s’y rapportent. Des lectures supplémentaires sont proposées en complément, ainsi que les liens vers une série de ressources en ligne (guides de recherches complémentaires, plateformes dédiées à la recherche sur la Seconde Guerre mondiale et collections d’archives numérisées mises à disposition par des organisations académiques ou culturelles). Toutes les publications introduites ci-dessous peuvent être librement consultées à la Bibliothèque du CICR. Certaines ont été numérisées et sont intégralement disponibles en ligne (voir les liens fournis pour plus de détails). Le guide inclut en outre une première sélection non-exhaustive des fonds d’archives du CICR correspondants aux thématiques présentées et les liens vers les inventaires disponibles en ligne. Les sources d’archives non-publiées peuvent être consultées sur rendez-vous au siège de l’organisation à Genève. Pour davantage d’informations sur ces fonds et les services associés, consultez le portail dédié aux Archives publiques du CICR. Le guide propose également des liens vers les archives audiovisuelles (photos et films) disponibles en ligne sur le portail Archives audiovisuelles du CICR. La publication de ce guide de recherche fait suite à la numérisation d’une partie des ressources présentées ci-dessous et s’intègre aux activités de la Bibliothèque et des Archives publiques du CICR pour assurer la visibilité et l’accessibilité de leurs fonds et collections.

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Vue d’ensemble

Sources primaires

Rapport du Comité international de la Croix-Rouge sur son activité pendant la Seconde Guerre mondiale (1948)

Le Comité du CICR présidé par Max Huber (A CICR (DR))

Soumis à la XVIIe Conférence internationale de la Croix-Rouge en août 1948, ce rapport en trois volumes documente les activités du CICR entre l’ouverture des hostilités le 1er septembre 1939 et le 30 juin 1947. Le premier volume s’ouvre sur un article de Max Huber, président du CICR de 1928 à 1944, intitulé “Principes d’action et fondements de l’œuvre du CICR” avant de présenter la structure du CICR, ses différents départements et délégations ainsi que sa coopération avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge pendant la durée du conflit. La suite de ce premier volume introduit les activités de l’organisation en faveur des soldats blessés et malades, des prisonniers de guerre et des civils.

Agence centrale des prisonniers de guerre, 1941. (A CICR – DR/G.M.G.)

Le second volume du rapport traite spécifiquement du travail de l’Agence centrale des prisonniers de guerre pour la recherche des disparus et le maintien des liens familiaux. Il décrit notamment comment celle-ci étend son travail de recherche aux populations civiles, dont la protection en temps de guerre n’est alors encore assurée par aucun instrument de droit international. [2] Face à la multiplication des demandes de recherche de disparus – combattants et civils confondus – , l’Agence s’efforce de recueillir, centraliser et transmettre les informations qui lui parviennent sur le sort des civils internés ou déportés comme elle le fait pour les prisonniers de guerre.

Le troisième volume présente les opérations de secours mises sur pied pour venir en aide aux victimes de la guerre et expose les difficultés techniques et opérationnelles rencontrées par l’organisation dans ce domaine. Enfin, un volume d’annexes réunit une série de tableaux et de statistiques sur les actions de secours menées par le CICR pendant le conflit. Ce rapport est aussi disponible en anglais et en espagnol.

Inter arma caritas : l’oeuvre du Comité International de la Croix-Rouge pendant la Seconde Guerre mondiale (1947)

Yougoslavie, 1941. Premiers secours sur le front (A CICR (DR))

Également disponible en anglais, allemand, espagnol et russe, cette synthèse de Frédéric Siordet a été rédigée en 1947 à la demande du CICR dans le but de fournir aux Sociétés nationales du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, aux gouvernements et au grand public un compte-rendu concis mais complet de son travail pendant la durée du conflit, avant la publication du rapport en trois volumes présenté ci-dessus. Pendant cinématographique de l’ouvrage de Frédéric Siordet, le film Inter arma caritas (1948) est presque intégralement composé d’extraits de bandes documentaires tournées pendant la guerre par le CICR et plusieurs des Sociétés nationales de la Croix-Rouge. Largement diffusé à l’époque, le film est aujourd’hui disponible en ligne sur le portail des archives audiovisuelles du CICR.

Bulletin d’informations du Comité international de la Croix-Rouge. Les Nouvelles du Comité international de la Croix-Rouge (1943 – 1949)

Les différents numéros de ce périodique publié par le CICR entre avril 1943 et décembre 1949 pour renseigner sur ses activités ont été réunis au sein d’une série de quatre volumes. La seconde édition des Nouvelles du Comité international de la Croix-Rouge est aussi disponible en anglais, allemand et espagnol.

Revue internationale de la Croix-Rouge

Les numéros de la Revue publiés entre 1939 et 1945 fournissent aussi une mine de renseignements sur les activités de l’organisation pendant la guerre, des visites de ses délégués aux camps de prisonniers à l’aide apportée aux réfugiés et à la négociation du rapatriement des soldats malades ou blessés.

Fonds d’archives du CICR correspondants

  • A CICR, série B CR 00 (1916-1951) Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
  • A CICR, série B G 014/R (1940-1947) Rapatriement des malades
  • A CICR, série B G 027 (1939-1950) Rapatriement – Echange
  • A CICR, série C G2 DP (1939-1950) Personnes déplacées
  • A CICR, série C G2 FD (1944-1946) Service des familles dispersées

Retrouvez ici l’ensemble des fonds et collections audiovisuels (films, photos et sons) concernant la Seconde Guerre mondiale

Littérature secondaire

Président et membres du CICR en 1940 (A CICR (DR)/Grivel, Alb. ; Lacroix)

Second volume d’une série dédiée à l’histoire du CICR de sa fondation à nos jours, l’ouvrage d’André Durand Histoire du Comité international de la Croix-Rouge : de Sarajevo à Hiroshima retrace le développement de l’organisation entre 1911 et 1945, dans un contexte marqué par une succession interrompue de guerres mondiales, de guerres civiles et autres conflits meurtriers. L’auteur met en lumière les efforts du CICR pour réagir au développement de techniques de guerre de plus en plus inhumaines, mettre sur pied des opérations de secours d’une ampleur toujours croissante et protéger de nouvelles catégories de victimes. L’étude de François Bugnion Le Comité international de la Croix-Rouge et la protection des victimes de la guerre, qui retrace l’évolution du mandat de l’organisation en tant que promoteur et garant du droit international humanitaire, consacre aussi un chapitre à l’action du CICR pendant le conflit mondial. Pour un aperçu du contexte général de son action, voir aussi le chapitre de Michela Colucci Le rôle du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) durant la Seconde Guerre mondiale et le volume de Gérard Chauvy centré sur le travail des Sociétés nationales de la Croix-Rouge, La Croix-Rouge dans la guerre : 1935-1947.

Visite des autorités fédérales à l’Agence centrale des prisonniers de guerre, le 6 mars 1940 (Bolomey)

Plusieurs études ont été consacrées à la question de l’indépendance du CICR pendant la guerre. Isabelle Vonèche Cardia publie ainsi en 2012 un ouvrage intitulé Neutralité et engagement : les relations entre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le gouvernement suisse (1938-1945). Elle s’y intéresse aux processus décisionnels du CICR pendant le conflit, soulignant ses scrupules à se détacher du cadre fourni par la juridiction internationale, et au poids de ses relations avec le gouvernement fédéral. Son analyse des rapports entre Berne et Genève s’écarte de la thèse d’une dépendance de l’organisation humanitaire envers la Confédération pour souligner plutôt leur proximité et la convergence de leurs vues pendant le conflit. La thèse de l’historien James Crossland, Britain and the International Committee of the Red Cross, 1939-1945, fournit un examen détaillé de la relation du CICR avec le gouvernement britannique entre 1939 et 1945. Ses articles A man of peaceable intent: Burckhardt, the British and Red Cross neutrality during the Second World War (2011) et Expansion, suspicion and the development of the International Committee of the Red Cross: 1939-45 (2010) reviennent aussi sur les critiques qui ont été adressées au CICR sur sa position pendant la guerre. Deux mémoires de fin d’études ont été consacrés à des thématiques similaires ; il s’agit des travaux de Stéphanie Riesen, Les relations entre le CICR et le gouvernement anglais pendant la Seconde Guerre Mondiale (2002) et Nadine Fink, Le Comité international de la Croix-Rouge face à l’internement des militaires français en Suisse 1940-1944. Une approche des relations entre le CICR et les autorités fédérales (1998).

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Le CICR et les persécutions nazies

“Le génocide à l’encontre des Juifs et des Tsiganes et les autres persécutions perpétrées sous le Troisième Reich ont provoqué des souffrances indicibles et constituent le plus grave échec de la civilisation occidentale. Cet échec est aussi celui de la Croix-Rouge tout entière, mais il touche tout particulièrement le CICR en raison de sa vocation propre et de la position qu’il occupe au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. (…) Cet échec est aggravé par le fait que le CICR n’a pas entrepris tout ce qui était possible pour enrayer le cours des persécutions nazies et venir en aide aux victimes de celles-ci. Le CICR est resté prisonnier de ses modes d’action traditionnels et du cadre juridique trop étroit dans lequel s’inscrivait son action. (…) L’histoire ne peut être réécrite. Le CICR entend toutefois honorer les victimes et les survivants des persécutions nazies en luttant pour un monde dans lequel la dignité humaine de chaque homme, de chaque femme et de chaque enfant sera respectée sans réserve. 

Extrait du texte de référence Le CICR face au génocide et aux autres persécutions nazies adopté par l’Assemblée du CICR le 27 avril 2006. [3]

Sources primaires

Agence Centrale des Prisonniers de Guerre. Etiquette utilisée pour l’envoi de colis CICR dans les camps de concentration, 1944 (CICR)

En 1975, le CICR entreprend de publier une sélection des documents disponibles dans ses archives concernant ses activités en faveur des détenus des camps de concentration nazis. Le volume en question comprend ainsi des extraits de sa correspondance avec des représentants gouvernementaux et les Sociétés nationales de la Croix-Rouge à ce propos. Ces sources témoignent à la fois des efforts déployés par l’organisation pour visiter et faire parvenir des colis de secours aux détenus des camps et les obstacles majeurs qui entravent son action en leur faveur. La visite du délégué Maurice Rossel le 23 juin 1944 au ghetto de Theresienstadt, mise en scène par les autorités nazies pour dissimuler la réalité du système concentrationnaire, a été au centre de nombreux débats. [4] Dans un souci de transparence, le CICR a réuni dans un volume l’ensemble de ses documents d’archives concernant Theresienstadt, y compris le rapport de la visite du Dr. Rossel. Les archives de l’institution ont aussi établi en avril 2001 une chronologie de l’activité de ce délégué pendant la guerre. Enfin, la fondation Beate Klarsfeld a publié en 1999 un recueil réunissant une série de sources provenant des archives du CICR relatives au sort des Juifs déportés et détenus en France. La publication de ces recueils de sources d’archives témoigne de la volonté du CICR d’encourager les recherches historiques indépendantes sur cette page de son histoire et de répondre avec une absolue transparence aux critiques portant sur son inaction face aux atrocités commises par le régime nazi.

Fonds d’archives du CICR correspondants

Documents audiovisuels des archives du CICR concernant les persécutions nazies (188 photos)

Littérature secondaire

Ghetto de Theresienstadt, 1944 (CICR/Maurice Rossel)

En 1979, le CICR confie à l’historien Jean-Claude Favez un mandat de recherche qui aboutit neuf ans plus tard à la publication de l’étude de référence Une mission impossible ? : le CICR, les déportations et les camps de concentration nazis (1988). En 1996, dans la continuité de la parution de l’étude précitée et par souci de transparence, le CICR décide d’ouvrir à la recherche ses archives pour la période de 1863 à 1946. [5] Son action face aux persécutions nazies et à l’Holocauste a depuis fait l’objet d’une série d’analyses historiques basées sur ces sources d’archives, dûment complétées par celles d’autres fonds et par des témoignages. Celles-ci décrivent les difficultés rencontrées par le CICR à cette période, les manquements et les limites de son action, mais mettent aussi en lumière les initiatives fructueuses de certains de ses délégués. Les publications consacrées à cette thématique incluent l’ouvrage de Marc-André Charguéraud L’étoile jaune et la Croix-Rouge : le Comité international de la Croix-Rouge et l’Holocauste, 1939-1945 (1999), l’article Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les visites de camps : étude d’une controverse de Fabrice Cahen (2001) et trois publications des historiens Sebastien Farré et Yan Schubert, L’illusion de l’objectif : le délégué du CICR Maurice Rossel et les photographies de Theresienstadt (2009), Le CICR et les détenus des camps de concentration nationaux-socialistes (1942-1945) (2012) et From Sachsenhausen to Schwerin: the International Committee of the Red Cross (ICRC) and the death marches (2012). Le rescapé d’Auschwitz Arieh Ben-Tov consacre en 1997 une étude à l’action du CICR en faveur des Juifs de Hongrie entre 1941 et 1945. Drago Arsenijevic décrit quant à lui au sein de l’ouvrage Otages volontaires des SS (1984) le parcours des dix délégués du CICR qui entrèrent dans les camps de Mauthausen, Theresienstadt et Dachau dans les derniers jours du conflit dans le but de prévenir l’extermination de l’ensemble des prisonniers par les troupes nazies.

Ghetto de Theresienstadt, 1944 (CICR/Maurice Rossel)

Claude Lanzmann, le réalisateur de Shoah (1985), retranscrit dans les pages d’Un vivant qui passe son entretien avec l’ancien délégué du CICR Maurice Rossel, centré autour de la visite de ce dernier au ghetto de Theresienstadt en 1944. L’historienne Irène Herrmann, dans son dernier ouvrage L’humanitaire en questions : réflexions autour de l’histoire du Comité international de la Croix-Rouge (2018), revient sur cet épisode problématique de l’action du CICR pendant la Seconde Guerre mondiale. Son analyse met en lumière la manière dont la visite du Dr Rossel illustre les limites matérielles et politiques de l’action humanitaire, y compris les risques de son instrumentalisation en période de conflit. Le travail de recontextualisation de l’auteure amène à un réexamen des motifs du CICR dans le choix de l’inexpérimenté Maurice Rossel pour mener cette visite, comme du rapport et des photos qu’il en ramène.

En 1942, l’idée de recourir à un appel public pour dénoncer la persécution des communautés juives par le régime nazi est sérieusement discutée au sein du CICR, avant d’être finalement abandonnée. Maria Rodriguez-Bustelo (La décision du Comité International de la Croix-Rouge de ne pas lancer d’appel public contre la persécution des Juifs en octobre 1942 (1988)) et Isabelle Vonèche Cardia (Les raisons du silence du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) face aux déportations (2015)) retracent l’historique des débats internes au CICR sur cette question et analysent les motifs de ce silence. Suite à la parution dans la presse d’allégations mettant en cause certains de ses délégués pendant la Seconde Guerre mondiale, le CICR a entrepris en 1996 une enquête interne. Ses conclusions ont été rendues publiques au sein du rapport signé par François Bugnion intitulé Le Comité international de la Croix-Rouge infiltré par les Nazis ? (1997).

Arolsen, archives du Service International de Recherches. (A CICR (DR))

Enfin, l’ouvrage Les archives de l’espoir présente le travail du Service international de recherches (SIR) d’Arolsen, qui répond encore à ce jour aux demandes d’information adressées par les survivants des camps et les proches des victimes du système concentrationnaire nazi. Cet article web de 2011 retrace l’historique de la collaboration entre le SIR et le CICR.

 

Statistiques sur le nombre de morts dans les camps de concentration nazis faussement attribuées au CICR

En tant qu’organisation humanitaire, le CICR a consacré son action pendant la guerre à fournir protection et assistance aux victimes du conflit et n’a pas joué le rôle d’une commission d’enquête. De ce fait, il n’a jamais cherché à recenser le nombre des victimes des camps de concentration nazis, ni ne s’est prononcé sur l’exactitude des statistiques produites par des organismes tiers. Depuis 1975, l’institution oppose un démenti catégorique et systématique aux allégations mensongères lui attribuant la paternité d’une estimation d’un nombre de victimes.

Pour plus d’information sur ce sujet, voir les documents d’archives présentés ci-dessus et la mise au point du CICR publiée le 12 décembre 1975 dans le bulletin d’information Le CICR en action, puis en 1976 dans la Revue internationale de la Croix-Rouge. [6]

Ressources additionnelles en ligne

The Holocaust and the ICRC : portail du blog de la délégation du CICR à Israël et dans les territoires occupés, avec des liens vers une série d’articles en ligne et de communiqués de presse du CICR.

Dialogue with the past: the ICRC and the Nazi death camps : entretien avec l’ancien directeur du droit international et de la coopération du CICR François Bugnion, publié sur le blog de la délégation du CICR à Israël et dans les territoires occupés.

Le site internet du Service international de recherches d’Arolsen

Collections numérisées de documents d’archives sur la Shoah : Yad Vashem – Institut international pour la mémoire de la Shoah, The Wiener Collection – Tel Aviv University, The Holocaust: Key Documents from The British National Archives, Mémorial de la Shoah, Holocaust Denial on Trial (Emory University).

Témoignages des victimes des persécutions nazies : Chronicles of Terror (Witold Pilecki Center for Totalitarian Studies), Witnessing Genocide (The Polish Research Institute, Lund, Sweden), USC Shoah Foundation Visual History Archive (VHA), Oral History: Jewish Survivors of the Holocaust (The British Library), Voices of the Holocaust (The Galvin Library).

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Prisonniers de guerre et internés civils

Agence centrale des prisonniers de guerre, service du courier, 4 janvier 1943. (A CICR (DR)/Grivel, Alb.)

Le 14 septembre 1939, c’est-à-dire deux semaines après le début de la guerre, le CICR rouvre son Agence centrale des prisonniers de guerre. Cet organisme déjà actif pendant la Première Guerre mondiale a pour mission de recueillir, centraliser et traiter toutes les informations parvenant au CICR concernant le sort des soldats emprisonnés ou disparus et de les transmettre aux familles concernées, qui lui adressent des centaines de milliers de demandes de recherches.

Sources primaires

Entre janvier 1940 et décembre 1947, une feuille d’information intitulée Nouvelles de l’Agence centrale des prisonniers de guerre paraît chaque semaine pour renseigner les membres du CICR sur le travail de l’Agence. Celle-ci y présente ainsi son organisation interne, les listes de prisonniers qu’elle reçoit ainsi que les statistiques produites par ses différents services sur leurs activités respectives. Alors que le conflit prend des proportions sans précédent et que le nombre de prisonniers de guerre et d’internés civils se multiplie, le CICR met sur pied des actions de secours à grande échelle. Enrichie de nombreuses illustrations et photographies, une publication de 1943 intitulée Secours aux prisonniers de guerre et internés civils décrit la préparation, le contenu, l’acheminement et la distribution des colis de secours à destination des camps de prisonniers.

Intermédiaire impartial, le CICR agit également sur le plan diplomatique pour défendre les droits des prisonniers et leurs conditions de détention, comme le détaille le Rapport sur l’activité du Comité international de la Croix-Rouge en faveur des partisans tombés aux mains de l’ennemi de 1946. Lorsqu’ils parviennent à en obtenir l’autorisation, ses délégués visitent les camps. La division médicale du CICR a ainsi publié en 1950 un rapport intitulé Les maladies internes et épidémiques dans les camps de prisonniers de guerre et d’internés civils pendant la Seconde Guerre mondiale sur la base des visites effectuées.

Fonds d’archives du CICR correspondants

  • A CICR, série B G 44 Otages et détenus politiques (1939-1952)
  • A CICR, série B SEC DAS Division d’assistance spéciale (1940-1963)
  • A CICR, série C G2 CH Archives du Service de l’internement en Suisse (1940-1948)
  • A CICR, série C G2 DR Direction de l’Agence centrale des prisonniers de guerre (ACPG) (1939-1961)
  • A CICR, série C G2 EXO Alliés en mains japonaises (1942-1948)
  • A CICR, série C G2 PO Papiers et objets de prisonniers de guerre (1939-1945)

Documents audiovisuels des archives du CICR concernant les prisonniers de guerre et les internés civils de la Seconde Guerre mondiale (5000 photos, 7 films et vidéos)

Les archives de l’Agence centrale des prisonniers de guerre

Les fonds des archives Agence du CICR comprennent les données individuelles collectées par le CICR au cours de conflits passés. Les demandes de recherche sur le sort de prisonniers de guerre et d’internés civils peuvent être adressées au service affilié. Pour plus d’informations, consultez la présentation du service disponible sur CROSS-files ainsi que la page web Recherche de renseignements sur une personne victime d’un conflit.

Littérature secondaire

Visite de délégués du CICR au camp de prisonniers de guerre américains de Saint-Nazaire (A CICR (DR))

En plus de ces sources primaires, la collection de la Bibliothèque du CICR sur la détention en période de conflit comprend des ouvrages historiques sur ses activités pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle inclut ainsi l’ouvrage de Gradimir Djurović, L’Agence centrale de recherches du Comité international de la Croix-Rouge : activité du CICR en vue du soulagement des souffrances morales des victimes de guerre (1981), qui retrace l’histoire de l’Agence de 1870 à nos jours. L’historienne Delphine Debons consacre un ouvrage à L’assistance spirituelle aux prisonniers de guerre, et un article à la relation entre le CICR et le Vatican (Le CICR, le Vatican et l’œuvre de renseignements sur les prisonniers de guerre : rivalité ou collaboration dans le dévouement ? (2009)). Les chercheurs Okawa Shiro (et al.), Philip Towle (et al.) et Vasilis Vourkoutiotis ont chacun publié une étude des conditions d’incarcération des prisonniers de guerre au Japon, en se basant aussi sur les rapports de visite de la Croix-Rouge. L’article de Christine Winter Limits of impartiality: the delegates of the International Committee of the Red Cross in Australia during the Second World War (2013) présente une étude de cas sur l’action de la délégation australienne du CICR en faveur des internés civils. Pour finir, deux mémoires de maîtrise universitaire ont été consacrés à l’action du CICR en faveur des soldats emprisonnés, en Allemagne (Alexis Lachat, Le Comité International de la Croix-Rouge et la protection des prisonniers de guerre français en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1944) et en France (Delphine Leluc, « Ma chère Genève » : le CICR et les prisonniers de guerre coloniaux français, 1940-1946).

Service des messages civils de l’Agence centrale des prisonniers de guerre, 1941 (A CICR (DR)/Bolomey

Les populations civiles bénéficient aussi de l’action de l’Agence pour le maintien des liens familiaux pendant le conflit. Un article signé Marino Carnévalé-Mauzan revient ainsi sur le travail du CICR pour permettre les échanges de correspondances entre les populations des pays en guerre. L’auteur y retrace le parcours des près d’un millier de messages Croix-Rouge qui transitaient chaque jour par Genève.

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Actions de secours

Livraison de medicaments à Marseille, Commission mixte de secours de la Croix-Rouge, 1942 (A CICR (DR)/Epstein)

Le CICR s’efforce de venir en aide aux populations civiles durement touchées par la guerre et notamment aux millions de réfugiés et évacués qui, fuyant les hostilités ou les persécutions, se retrouvent dépourvus de ressources. Il travaille dans ce but en collaboration avec la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les Sociétés nationales composant le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Deux commissions jouent un rôle central dans le développement des programmes d’assistance, la Commission mixte de secours de la Croix-Rouge et la Commission de gestion pour les secours en Grèce.

Commission mixte de secours de la Croix-Rouge

La Commission mixte de secours de la Croix-Rouge internationale est pendant la durée du conflit l’organe conjoint du CICR et de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (aujourd’hui Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) pour l’œuvre de secours en faveur des populations civiles victimes de la guerre. Elle travaille en collaboration avec les Sociétés Nationales de la Croix-Rouge et fait parvenir des colis de nourriture, de vêtements, d’articles de première nécessité et de matériel médical aux populations touchées. Le Rapport final sur ses activités publié en 1948 est disponible en ligne.

Service des secours du CICR, collecte de lunettes (STAAG/RBA/Dohna)

Parmi les publications de cette Commission disponible à la Bibliothèque du CICR figurent aussi les rapports d’activités datés de 1943, 1944, 1945 et 1946 ainsi que les rapports des actions de secours menées en faveur des femmes et des enfants victimes de la guerre (1941), des enfants en Serbie (1943) et des prisonniers de guerre (Lunettes pour prisonniers de guerre et internés civils (1943), Service des secours intellectuels (1944), Prothèses dentaires pour prisonniers de guerre et internés civils (1944)).

Fonds d’archives du CICR correspondant : A CICR, sous-fonds O CMS Commission mixte de secours (1941-1948)

Commission de gestion pour les secours en Grèce

Secours aux îles grecques, Chio. Distribution de poisson, 1943 (A CICR (DR))

Dès l’été 1941, une terrible famine sévit dans la Grèce occupée par les puissances de l’Axe. Fondée sous les auspices du CICR à l’automne, une commission organise la récolte et la distribution de vivres au profit de la population grecque. Trois rapports retracent son histoire : Commission de gestion des envois des vivres du Comité international de la Croix-Rouge en Grèce : rapport final de son activité : octobre 1941 – août 1942 (1945), Rapport sur la liquidation de la Commission de gestion des envois de vivres du CICR en Grèce : avril 1943 – février 1945 (1945), Ravitaillement de la Grèce pendant l’occupation 1941 – 1944 et pendant les premiers cinq mois après la libération : rapport final (1949).

Fonds d’archives du CICR correspondants : A CICR, série B SEC CGSG Commission de gestion des secours en Grèce (1940 – 1946), voir aussi la série D EUR GRECE1 Activités de la délégation en Grèce pendant la Deuxième Guerre mondiale (1940 – 1947).

Les fonds des archives audiovisuelles du CICR fournissent également une riche documentation des actions de secours menées par l’organisation au cours du conflit. Retrouvez en ligne les photographies de son action en Grèce (733 photos) et ailleurs (383 photos).

Littérature secondaire

L’action humanitaire du CICR en Grèce pendant le conflit a fait l’objet de plusieurs études, notamment par R. Clarence Lang, Red Cross humanitarianism in Greece, 1940-45 (1989), Antoine Fleury, L’action humanitaire de la Suisse en Grèce pendant la Deuxième Guerre mondiale (1991) et Melissa Härtel, L’action du CICR en faveur des enfants grecs sous l’occupation : 1941-1944 (2003). Le chapitre de Daniel Palmieri et Fania Khan Mohammad, Des morts et des nus : le regard du CICR sur la malnutrition extrême en temps de guerre (1940-1950), paru au sein de l’ouvrage Mémoires croisées autour des deux guerres mondiales (2012), s’intéresse à la représentation photographique des victimes de la famine en Grèce et des prisonniers de guerre français. Andrei Siperco dédie quant à lui un ouvrage à l’action de la Croix-Rouge en Roumanie pendant la Seconde Guerre mondiale (1996).

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Le CICR à Hiroshima

Au matin du 6 août 1945, un bombardier américain largue la première bombe atomique de l’histoire sur Hiroshima, rasant la ville et décimant sa population. Les publications présentées ici retracent les efforts du CICR pour porter secours aux victimes de la bombe et, dès 1945, pour combattre le développement et l’emploi des armes de destruction massive.

Sources primaires

Rapport du CICR sur les effets de la bombe atomique à Hiroshima

Hiroshima, dans l’un des hôpitaux, après l’explosion de la bombe atomique (A CICR (DR))

Le 29 août 1945, le délégué du CICR Fritz Bilfinger est le premier acteur humanitaire à constater l’état de dévastation dans lequel se trouve la ville d’Hiroshima après l’explosion de la bombe atomique. Dans un télégramme adressé à la délégation de Tokyo du CICR, il décrit l’atrocité de la situation et lance un appel pressant pour la mise sur pied d’actions de secours. Son rapport, daté du 24 octobre 1945, détaille les effets de la bombe atomique tels qu’il les a observés trois semaines après l’explosion.

Marcel Junod, Le désastre d’Hiroshima (1982)

Délégué du CICR en Extrême-Orient à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le docteur Marcel Junod est le premier médecin étranger à porter assistance aux victimes du bombardement. Ce texte, retrouvé dans ses papiers personnels après son décès, offre un témoignage saisissant de l’horreur à laquelle il fut confronté sur place.

Fonds d’archives du CICR correspondants

  • A CICR, sous-fonds A CL – 16.006.02 – Bombe atomique à Hiroshima : rapport de Fritz BILFINGER, délégué à Tokyo, du 24.10.1945; extrait d’une note du Dr Marcel JUNOD du 11.11.1948.
  • A CICR, série B G 079 Guerre chimique, gaz (1936-1950).
  • A CICR, série D AO JAPON1 Activités de la Délégation du CICR au Japon, Seconde Guerre mondiale (1942-1946).

Hiroshima après l’explosion de la bombe atomique : documents audiovisuels des archives du CICR (60 photos).

Littérature secondaire

Hiroshima, 24 heures après l’explosion de la bombe atomique, août 1945 (A CICR (DR)/Nakata, Satsuo)

Les articles Un geste d’humanité à Hiroshima (Jean-François Berger, 2013), Il y a cinquante ans, Hiroshima… (François Bugnion, 1995) et Témoin de l’indicible : le Dr Marcel Junod à Hiroshima (François Bugnion, 2007) reviennent sur le travail de Marcel Junod, pionnier de l’action humanitaire et personnage central du CICR du milieu des années 30 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’ouvrage Soixante ans après : le désastre de Hiroshima de Marcel Junod, composé en 2005 sous la direction d’Erika Deubler Ziegler, reproduit le rapport original du Dr Junod et le complète d’une étude du contexte historique de la catastrophe. François Bugnion consacre un chapitre de cet ouvrage aux conséquences de la menace nucléaire pour le respect des règles et principes du droit international humanitaire.

François Bugnion, Le Comité international de la Croix-Rouge et les armes nucléaires : d’Hiroshima à l’aube du XXIe siècle (2005)

Les armes nucléaires soulèvent des questions fondamentales qui touchent au cœur du droit international humanitaire et de l’action de la Croix-Rouge. Soixante ans après Hiroshima et Nagasaki, François Bugnion présente dans cet article de la Revue internationale de la Croix-Rouge le travail du CICR pour faire face au développement et à l’usage de telles armes.

Michihiko Hachiya, Le journal d’Hiroshima : 6 août-30 septembre 1945 (1977)

Directeur de l’hôpital d’Hiroshima, le docteur Michihiko Hachiya fait le récit jour après jour des deux mois qui suivirent l’explosion de la bombe et de son travail dans la ville dévastée pour venir en aide aux victimes.

Retrouvez aussi sur le portail des archives audiovisuelles du CICR trois films récemment produits qui mettent en lumière l’action de l’organisation humanitaire pour lutter contre la prolifération des armes nucléaires et porter secours à ceux qui continuent d’en être les victimes : Japan, 70 years later, new fatal illnesses linked to nuclear bomb exposure (2015), La catastrophe humanitaire d’une bombe nucléaire (2015), Marcel Junod, le troisième combattant : deuxième partie (1939-1945) (2013).

Ressources additionnelles en ligne

Collections numérisées de documents d’archives sur les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki: Harry S. Truman Presidential Library, National Security Archives of the George Washington Library, Avalon Project at the Yale Law School Lillian Goldman Law Library.

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Les suites du conflit

Le CICR poursuit son action en faveur des populations victimes de la guerre alors que les hostilités touchent à leur fin. L’Agence centrale des prisonniers de guerre s’efforce ainsi de rechercher les disparus et d’identifier les défunts. L’aide au rapatriement ou à l’émigration des réfugiés, apatrides, anciens prisonniers de guerre et internés civils devient aussi une préoccupation centrale de l’institution à cette époque.

Le CICR et le développement du droit international humanitaire après la Seconde Guerre mondiale

Genève, Conférence diplomatique de révision des Conventions de Genève, 12 août 1949 (A CICR (DR)/J. Cadoux)

Sur le plan diplomatique, le CICR redouble d’efforts après la guerre pour améliorer la protection des victimes de guerre par le droit international. Après les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, il convainc la communauté internationale de la nécessité de la révision des Conventions de Genève existantes et de l’adoption d’une nouvelle convention relative à la protection des populations civiles. Pour davantage d’informations sur l’adoption des Conventions de 1949, consultez notre guide de recherche dédié : Historique de l’adoption des Conventions de Genève.

Sources primaires

Rapport résumé sur l’activité du Comité International de la Croix-Rouge (1er juillet 1947 – 31 décembre 1951) (1952)

Ce rapport retrace les activités de l’organisation au début de la période de l’après-guerre. Sa première partie présente l’organisation interne du CICR et fait l’état des lieux de son action au sortir du conflit. Il décrit ensuite les activités menées sur le terrain pour porter secours aux victimes de la guerre mondiale et des conflits émergents de la période. La troisième et dernière partie du rapport s’intéresse au rôle de l’organisation dans le développement du droit international et l’adoption des Conventions de Genève de 1949 ainsi que ses relations avec différents organismes internationaux et agences gouvernementales.

Le Comité international de la Croix-Rouge et les Nations Unies : résolutions adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa 5ème session ordinaire (1951)

Lors de sa cinquième session en 1951, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte trois résolutions qui font appel aux services du CICR et de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Elles concernent respectivement le rapatriement des militaires grecs captifs, celui des enfants grecs déplacés et le sort des prisonniers de guerre.

Rapport sur l’activité du Comité international de la Croix-Rouge pour l’indemnisation des anciens prisonniers de guerre alliés en mains du Japon (1971)

L’article 16 du Traité de Paix entre le Japon et les puissances alliées du 8 septembre 1951 confie au CICR la responsabilité de la distribution des fonds destinés à l’indemnisation des anciens prisonniers de guerre incarcérés au Japon et de leurs familles. Ce rapport présente comment ce mandat a été rempli par l’institution, en collaboration avec les agences nationales concernées.

Fonds d’archives du CICR correspondants

  • A CICR, série B AG 210/ex (1949-1980) Indemnisation des ex-prisonniers de guerre
  • A CICR, série B AG 226/ex (1947-1974) Indemnisation des ex-déportés
  • A CICR, série B AG 270/SIR (1949-1990) Service international de recherches (SIR) d’Arolsen
  • A CICR, série B G 068/00/Ti (1927-1952) Titres de voyage (voir aussi la série B CR 163 Apatrides (1926-1945))

Documents audiovisuels des archives du CICR concernant son action pendant la période d’après-guerre (542 photos), voir aussi les films Inter arma caritas (1948) et Helft helfen ! (1948).

Littérature secondaire

Lix Simonius, En faveur des victimes d’expériences pseudo-médicales : l’action de la Croix-Rouge (1973)

Cet article d’une déléguée du CICR retrace l’engagement de l’organisation pour l’indemnisation par le gouvernement allemand de l’après-guerre des victimes des expériences pseudo-médicales inhumaines menées au sein des camps de concentration nazis.

Marina Meier et Daniel Palmieri, Les équivoques du cinéma humanitaire : l’exemple de Helft helfen! (1948) (2010)

Tourné à Berlin en 1948 à l’initiative de la délégation locale, le documentaire Helft helfen (24 min) présente les activités de secours du CICR au lendemain de la guerre et, sensibilisant le spectateur à la détresse des victimes civiles, l’encourage à soutenir ses efforts, à ‘aider ceux qui aident’. Dans un article publié au sein du recueil La guerre après la guerre : images et construction des imaginaires de guerre dans l’Europe du XXe siècle, Marina Meier et Daniel Palmieri analysent à la fois le contexte de production de ce documentaire et les motifs qui ont freiné sa diffusion par la suite.

Les titres du voyage du CICR

Guerre 1939-1945. Nouvelle édition du titre de voyage CICR par Delarue, Londres (CICR)

À la fin des hostilités, des dizaines de milliers de personnes déplacées se retrouvent dépourvues de papiers d’identité valides, sans possibilité de rentrer chez elles ou de s’établir ailleurs. Face à cette situation de crise humanitaire, des délégués du CICR prennent l’initiative d’émettre des titres de voyage pour permettre aux réfugiés de franchir les frontières. La mesure s’étend et reçoit bientôt le soutien de l’institution, qui y avait déjà eu recours pendant l’entre-deux-guerres pour permettre le retour des anciens prisonniers dans leur pays d’origine. Près de 120’000 titres de voyage du CICR seront ainsi distribués dans l’immédiat après-guerre pour permettre le rapatriement ou l’émigration des anciens prisonniers, internés civils, déportés et travailleurs déplacés de force. Submergée par le nombre de demandes, l’institution n’est pas en mesure d’empêcher les cas d’utilisation frauduleuse de ces titres de voyage. Certains criminels de guerre nazis, notamment Josef Mengele et Klaus Barbie, parviennent ainsi tragiquement à en obtenir sous de fausses identités pour fuir l’Europe. Pour en savoir plus, consultez l’article d’Irène Herrmann et Daniel Palmieri « Refugees on the run »: ICRC travel documents in the aftermath of the Second World War (2013), l’article de Daniel Palmieri Le Comité international de la Croix-Rouge et les organisations pour les réfugiés (2012) ainsi que le mémoire universitaire de Sophie Cornu, Les titres de voyage du CICR au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (2009).

Recherches dans les archives individuelles du CICR pour la période de la Seconde Guerre mondiale : toutes les informations nécessaires sur la page Recherche de renseignements sur une personne victime d’un conflit.

Ressources additionnelles en ligne

Consultez nos publications consacrées au développement du droit international humanitaire ou pénal dans l’après-guerre, l’article Poursuivre les criminels de guerre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : les procès de Nuremberg et Tokyo et notre guide de recherche retraçant l’Historique de l’adoption des Conventions de Genève de 1949.

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Récits et témoignages

Les collections de la Bibliothèque du CICR incluent aussi des livres rédigés par ou sur d’anciens délégués du CICR qui documentent leur travail pendant la guerre, précieux témoignages pour l’histoire de l’organisation et de son action. Dans Le troisième combattant : de l’ypérite en Abyssinie à la bombe atomique d’Hiroshima (1947), Marcel Junod raconte les missions effectuées pour le compte du CICR entre 1935 et 1945, en Abyssinie d’abord, puis en Espagne, en Pologne, en Allemagne et au Japon. Une publication de l’Institut international pour la mémoire de la Shoah Yad Vashem, Friedrich Born: « a righteous among the nations », rend hommage au délégué du CICR Friedrich Born. Celui-ci s’est vu décerné en 1987 la distinction de ‘Juste parmi les nations’ pour avoir permis à des milliers de Juifs d’échapper aux camps de la mort entre 1944 et 1945 alors qu’il travaillait pour le CICR en Hongrie. Finalement, Georges Dunand raconte dans Ne perdez pas leur trace ! son travail de délégué en Slovaquie, de l’automne 1944 jusqu’à la libération.

Plusieurs films réalisés par le CICR entre 1987 et 2013 reviennent sur son rôle pendant le conflit et donnent la parole aux acteurs de l’époque ; visionnez-les en ligne sur le portail des archives audiovisuelles du CICR.

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[1] André Durand, Histoire du Comité international de la Croix-Rouge : de Sarajevo à Hiroshima, 1984, p. 338.

[2] « Les Conventions de Genève adoptées avant 1949 ne concernaient que les combattants, et non les personnes civiles. (…) Les événements de la Seconde Guerre mondiale devaient montrer à quel point était déplorable l’absence d’une convention internationale protégeant les civils en temps de guerre. » Pour en savoir plus : Convention (IV) de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, 12 août 1949.

[3] Ce texte de référence représente la position officielle du CICR sur son action en faveur des victimes du génocide et des persécutions nazies. Il est partie intégrante de la doctrine du CICR, ensemble de documents adoptés par l’assemblée de l’institution dans le but de guider son action à long terme. Pour plus d’information, consultez notre guide de recherche dédié.

[4] Fabrice Cahen, Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les visites des camps : étude d’une controverse, Revue d’histoire de la Shoah, No 172, 2001, p. 7-65.

[5] Jean-François Pitteloud, Un nouveau règlement d’accès ouvre les archives du Comité international de la Croix-Rouge à la recherche historique et au public, Revue internationale de la Croix-Rouge, Vol 78, no 821, octobre 1996, p. 595-597. Les archives sont ouvertes pour la période 1863 – 1975 depuis le 15 juin 2015.

[6] Mise au point du CICR, Revue internationale de la Croix-Rouge, Vol. 58, no. 686, Février 1976, p. 80.