Le saviez-vous ? Depuis tout juste 75 ans le droit international humanitaire, à travers la quatrième Convention de Genève (1949), protège la population civile, en toute circonstance. Il est expressément interdit et, quelque soit la circonstance, de s’attaquer à elle.

2024 rime avec se battre. Se battre au sens de promouvoir le droit international humanitaire, évidemment. Rappeler sans cesse la pertinence des Conventions de Genève et l’obligation qu’a tout combattant, tout faiseur de guerre de « les respecter et de les faire respecter en toute circonstance ».

Obligations universelles et contraignantes

Ceci s’adresse au premier chef aux 196 Etats parties aux Conventions de Genève mais engage aussi la responsabilité de tous les groupes armés, quels qu’ils soient.  Et le CICR dans tout ça ? Il demeure le rédacteur et le gardien des Conventions de Genève. Il est l’intermédiaire neutre humanitaire dans les conflits armés, le « troisième combattant » comme disait le Dr Marcel Junod, l’un des délégués iconiques de l’Institution.

2024, année oubliée du droit international humanitaire ?

2024 devrait être l’année du droit international humanitaire où seraient fêter les engagements pris par les Etats au nom de l’Humanité.

2024 : « 75, 95, 160 »

2024 ou le 75ème anniversaire de la protection des civils.

En 1949, traumatisés par les persécutions nazies contre les civils, dont la Shoah reste l’absolu symbole ; traumatisés par les conséquences des bombardements massifs des villes comme Hiroshima ou Dresde, les Etats acceptèrent de reconnaître une protection absolue à la population civile. Le CICR avait proposé un texte en 1937 suite à la guerre Italo-Ethiopienne et la guerre d’Espagne. Mais il resta en plan, le monde était trop occupé à préparer une nouvelle guerre totale.

Bref, depuis 75 ans, les civils, ne prenant pas part aux hostilités sont inviolables et, quelque soit la circonstance. Ils doivent être épargnés et protégés tout comme les infrastructures nécessaires à leur survie.

2024 ou le 95ème anniversaire de la protection des prisonniers de guerre

En 1929, les Etats sur proposition du CICR, reconnaissent que le soldat qui ne combat plus parce que capturé doit être traité avec humanité par celui qui le détient. Traitements dégradants, torture sont bien sûr interdits. Être correctement soigné, nourri, vêtu, abrité sont une obligation tout comme communiquer avec ses proches ou encore bénéficier d’une défense si doit avoir lieu un procès. A la fin des hostilités active, tout soldat capturé doit être libéré.

2024 ou le 160ème anniversaire de la protection des soldats blessés

En 1864, naît le droit international humanitaire. Comme disait Dunant, et avant lui Rousseau dans le Contrat social, en substance : lorsqu’un soldat est blessé, il n’appartient plus à l’un des deux camps mais à l’Humanité. C’est ainsi que commence l’histoire des Conventions de Genève. Mettre des limites à la guerre, ne pas achever l’ennemi blessé, par exemple et au contraire le relever, le soigner et le mettre à l’abri.

Le « droit du plus faible » en fonction des trois typologies de victimes fête ainsi ses 160ème, 95ème et 75ème anniversaires. A tous de le rappeler sans répit.

Pour mémoire : chaque violation des Conventions de Genève est constitutive d’un crime.