Fatou a dû tout abandonner pour fuir la violence. En quittant sa maison avec ses deux enfants, elle a juste pris de quoi survivre quelques jours, sans penser que sa situation pouvait durer des années. Amir, lui, a vu sa ville et son épicerie bombardée. Aujourd’hui, il est de retour chez lui, mais n’a plus de ressources financières pour relancer son commerce.

Fatou et Amir sont des personnages fictifs. Pourtant, ce sont bien des milliers de Fatou et d’Amir que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) soutient à travers ses activités de sécurité économique.

Qu’est-ce que la sécurité économique ?

Au CICR, la sécurité économique est définie comme la capacité d’une personne, d’une famille ou d’une communauté à pourvoir durablement et dignement à ses besoins essentiels (se nourrir, avoir un toit, se vêtir, se laver, entre autres). Répondre à ces besoins génère automatiquement des dépenses, que l’on ne peut pas forcément assumer en temps de conflit, notamment quand on doit fuir son foyer.

Lorsque les personnes touchées par le conflit ou la violence n’arrivent plus à joindre les deux bouts, le CICR évalue leurs besoins afin d’apporter une réponse adéquate. A terme, lorsque les populations ne sont plus au contact du conflit ou de la violence, le CICR apporte un soutien économique permettant de relancer une activité professionnelle, boulangerie, élevage, etc.

Un coup de pouce aux victimes de la violence

Pour pouvoir accéder aux aides économiques, les personnes qui souhaitent en bénéficier doivent avoir les compétences et la motivation nécessaires pour que leur projet voit le jour.

En proposant une subvention, du matériel ou une formation professionnelle aux personnes qui ont tout perdu à cause d’un conflit, le CICR leur permet de retrouver un équilibre de vie et surtout de sortir de la dépendance à l’aide humanitaire.

Mossoul – Irak : Abdul Hakim a bénéficié d’une initiative microéconomique pour relancer sa menuiserie

A la fin du conflit dans la ville de Mossoul, Abdul Hakim (ci-dessus) a dû repartir à zéro. Pour l’aider à reconstruire sa menuiserie, le CICR lui a fourni une subvention. Aujourd’hui, il emploie 10 ouvriers, qui peuvent grâce à ce travail, payer leur loyer et amener leurs enfants chez le docteur.

Province du Kasaï, République démocratique du Congo – Mise en oeuvre d’un programme d’assistance financière du CICR aux personnes expulsées d’Angola.

En 2018, des milliers de familles congolaises qui vivaient en Angola depuis des années ont été expulsées du pays. A leur arrivée à Kamako (RDC), elles étaient dépourvues de nourriture, soins de base, mais aussi d’argent. Impossible pour elles de quitter la ville et de se reconstruire.

Au total, plus de 7 000 familles ont bénéficié d’une aide financière du CICR, soit pour pouvoir rejoindre des proches qui n’ont jamais quitté la République démocratique du Congo, soit pour subvenir aux besoins immédiats (nourriture, soins). Cette aide permet aux bénéficiaires de choisir ce qu’ils considèrent être le mieux pour eux.

Anne-Hélène Mahé