Le CICR vient, après une série d’incidents graves de sécurité, de réduire drastiquement ses opérations à Kaga Bandoro à 350 kilomètres au nord de la capitale Bangui. Une mauvaise nouvelle pour les populations dépendant de l’assistance humanitaire.

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Négligée par les médias, peu présente dans les agendas politiques, la situation humanitaire en République centrafricaine n’en reste pourtant pas moins l’une des plus critiques au monde. Plus de la moitié de ses 4,9 millions d’habitants dépend de l’assistance humanitaire.

Des décennies de guerre et de violence ont mis à bas les services publics et déplacé durablement des centaines de milliers de personnes.

1 Centrafricain sur 4 est un déplacé interne.

A la violence (qui a vu la multiplication des acteurs, la prolifération des armes et la hausse de la criminalité) s’ajoute la pénurie d’infrastructures. Dans ce pays où 2,5 % du réseau routier est goudronné, la logistique d’acheminement de l’aide relève toujours du défi tant sécuritaire que financier.

Dans ce contexte très dégradé, le CICR fait ce qu’il peut. Les équipes sur le terrain travaillent tout azimuth, tentant, depuis 1983 (*), d’apporter une amélioration à la condition des personnes les plus vulnérables. Chaque année, un budget d’environ 42 millions d’euros est consacré à ses opérations.

Des évacuations sanitaires aériennes de blessés à la mise en service de système d’approvisionnement en eau potable ; de la prise en charge psychologique d’enfants traumatisés par la violence au soutien des structures de santé ; de la vaccination du bétail au rétablissement des liens familiaux, le CICR en coopération, souvent avec la Croix-Rouge nationale, maintient dans le pays une large palette d’activités.

A celle-ci s’ajoute la protection, telle que celle apportée aux détenus – plusieurs centaines en 2019.

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Frédéric Joli

(*) Depuis 2007, le CICR assure une présence permanente à Bangui, Kaga Bangoro, Bouar et Ndélé.