Le 1er mars 1999 entrait en vigueur la Convention d’interdiction des mines antipersonnel. Adoptée à Oslo, 18 mois auparavant puis ouverte à la signature les 3 et  à Ottawa, elle fut alors déposée à New York aux Nations unies.

Une victoire pour l’Humanité !

Ainsi, après plus de vingt ans, 162 Etats ont proscrit l’utilisation, l’acquisition, la production, le stockage et le transfert des mines antipersonnel. Pour Cornelio Sommaruga, président du CICR à l’époque : « Il s’agit d’une victoire pour l’Humanité. Ce sont des milliers de vies et d’irréparables souffrances qui seront désormais épargnées ! ».

Les atroces souffrances infligées par les mines, Alberto Cairo les connaissaient que trop dans l’Afghanistan des années 90. Le CICR avait chargé ce physiothérapeute italien, à partir de 1992, de créer à Kaboul des programmes de réhabilitation et de prothèses pour les amputés. Aujourd’hui, 6 centres CICR tournent à plein en Afghanistan. Alberto est toujours Kaboul, certes jeune retraité, mais toujours actif…

Le traité d’Ottawa, victoire de la société civile

La Convention d’Ottawa fut aussi une révolution. Pour la première fois, la pression des opinions publiques, à travers les mobilisations citoyennes, conduisirent à l’adoption d’un texte de droit international humanitaire. Avec le soutien du CICR, l’initiative prit corps, fort de l’engagement de nombre d’organisations comme Handicap International, réunies sous la bannière ICBL, International Campaign to Ban Landmines. Jody Williams en fut la porte-parole et la passionaria. C’est à elle que fut confié le Prix Nobel de la Paix qui distingua cette année-là ICBL et par extension les dizaines de milliers de personnes mobilisées des années durant pour l’interdiction des mines.

Mortel héritage

Aujourd’hui, des millions de mines posées il y a des décennies demeurent un danger pour les populations. Chris Giannou, chirurgien de guerre et ancien chirurgien-chef du CICR, qui opéra nombre de victimes « dont certaines avaient des orteils dans les poumons » rappelle les arguments humanitaires qui eurent raison de ceux des militaires.

Frédéric Joli