Face aux violations croissantes du droit international humanitaire, une initiative mondiale a vu le jour pour revitaliser l’engagement politique des États en faveur du respect des règles de la guerre. Une démarche essentielle à l’heure où les conflits armés font toujours plus de victimes civiles.
Une mobilisation internationale pour un enjeu vital
Le 27 septembre 2024, l’Initiative mondiale en faveur du droit international humanitaire (DIH) a officiellement été lancée conjointement avec le CICR. Soutenue par six États clés – le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie, le Kazakhstan et l’Afrique du Sud –, cette initiative vise à faire du respect du DIH une priorité politique et à lutter contre son érosion dans les conflits contemporains.
Face à cette réalité, une action collective est plus que jamais nécessaire pour réaffirmer l’importance du DIH et garantir sa mise en œuvre effective sur le terrain. Tous les Etats ont été appelées à se joindre à cette initiative. En janvier 2025, Mirjana Spoljaric a réaffirmé, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, l’importance de cette Initiative, soulignant la responsabilité des États dans la préservation et l’application des règles du DIH.
Des groupes de travail pour des réponses concrètes
L’Initiative DIH ne se limite pas seulement à un appel politique : elle repose sur la mise en place de sept groupes de travail (workstreams) thématiques, chargés d’explorer et de proposer des solutions dans les domaines suivants :
- La prévention des violations du DIH et l’identification de bonnes pratiques.
- Les rôles et fonctions des commissions nationales de DIH.
- Les liens existants entre le respect du DIH et la paix.
- La protection des infrastructures civiles et les questions juridiques relatives à la notion d’objectif militaire et au principe de précaution.
- La protection efficace des hôpitaux dans les conflits armés.
- L’utilisation des nouvelles technologies numériques dans les conflits armés dans le respect du DIH.
- La guerre maritime et ses conséquences humanitaires.
Ces groupes qui réuniront, lors de consultations, des représentants des États, pourront également inclure, si pertinent, d’autres parties prenantes telles que des représentants des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ou des experts universitaires. Leur objectif sera de formuler des recommandations et de proposer des engagements concrets dans les sept domaines.
Les premières consultations pour chaque groupe de travail se tiendront en avril et mai 2025, en personne et en ligne, afin de permettre une large participation. Ces échanges offriront aux États une opportunité précieuse de partager leurs expériences, leurs bonnes pratiques et leurs recommandations pour renforcer l’application du DIH. Encadrées par le CICR et les coprésidents de chaque groupe, ces discussions se voudront inclusives, constructives, apolitiques et orientées vers des solutions concrètes.
Un appel à préserver l’humanité dans la guerre
Alors que les violations du DIH se multiplient, l’Initiative entend rappeler que le respect des règles de la guerre est un impératif absolu pour préserver un minimum d’humanité au cœur des conflits.
En offrant un cadre de discussion et d’action aux États, elle représente une opportunité unique de renforcer le dialogue diplomatique et de remettre le DIH au centre des priorités internationales.
Grâce à cette dynamique collective, des avancées concrètes sont attendues pour mieux protéger les populations civiles et garantir le respect du DIH. L’engagement des États sera un facteur clé de succès, et cette initiative marque une étape essentielle pour renforcer la coopération internationale en faveur d’un monde plus respectueux du droit international humanitaire.
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