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Aucune machine ne doit décider de la mort d’un être humain : un argumentaire humanitaire pour le désarmement de l’IA

Analysis / Artificial Intelligence and Armed Conflict / Autonomous Weapons / IHL / Nouvelles technologies / Technology in Humanitarian Action / Weapons 20 mins read

Aucune machine ne doit décider de la mort d’un être humain : un argumentaire humanitaire pour le désarmement de l’IA

Crédits photo : Egor Komarov, 2025.

À l’heure où les États se livrent à une course effrénée pour mettre au point des systèmes d’armes autonomes, les efforts visant à adopter des règles internationales contraignantes concernant les décisions prises par des machines sur la vie et la mort ont atteint un stade critique.

Dans le texte qui suit, Eberechukwu Owuamanam, scolastique jésuite et acteur humanitaire, affirme que l’appel lancé par le pape Léon XIV au « désarmement » de l’intelligence artificielle devrait, s’agissant d’armes de ce type, être pris à la lettre. Dans une perspective humanitaire déterminée par son activité dans les pays du Sud, il affirme que qu’aucun système autonome ne devrait jamais désigner et attaquer un être humain sans un véritable contrôle humain. Il alerte sur le fait que ceux qui seront le plus durement touchés par les forces automatisées sont ceux qui sont le moins en mesure d’en fabriquer ou de leur résister, et il appelle les États à conclure un traité contraignant interdisant les armes autonomes conçues pour viser des personnes et posant des limites strictes aux autres armes de ce type.

En présentant sa première encyclique en mai 2026 au Vatican, le pape Léon XIV a réservé ses critiques les plus dures à la place croissante de l’intelligence artificielle (IA) dans la conduite de la guerre. Il a lancé un avertissement : déléguer à des machines les décisions concernant l’emploi de la force revient à saper le fondement même de la justification d’une guerre, quelle qu’elle soit. Le pape soutient que la tradition de la guerre juste doit être repensée à la lumière des bouleversements profonds intervenus dans les moyens et méthodes de guerre. Un texte du souverain pontife sur l’IA n’est pas un document à l’usage exclusif des catholiques, mais bien une intervention dans un débat qui anime déjà le monde de l’humanitaire. C’est sur ce point, à tout le moins, que je voudrais exprimer clairement ma position.

J’ai acquis la conviction, au terme d’années d’action humanitaire dans des communautés touchées par le conflit au Nigéria, que l’intelligence artificielle doit être désarmée, et que ces mots doivent être pris au pied de la lettre. La vie humaine est un bien précieux. La décision de mettre un terme à une vie humaine ne saurait en aucun cas être déléguée à une machine autonome ou mue par un algorithme ; pareille décision exige une conscience. On peut discuter au sujet de la précision ou de la fiabilité, mais nous devons comprendre clairement qui nous sommes en tant qu’êtres humains et ce que nous devons à autrui lorsque leurs vies sont en jeu. J’écris ces lignes du point de vue des pays du Sud, où ces arguments sont souvent avancés, mais rarement écoutés ou même entendus.

La conviction que l’IA doit être désarmée n’est pas entièrement nouvelle. En 2023, la présidente du CICR, Mirjana Spoljaric, a lancé aux côtés du secrétaire général des Nations Unies un appel conjoint exhortant les États à négocier et à conclure, en 2026 au plus tard, un nouvel instrument juridiquement contraignant visant à établir des interdictions et des limitations claires concernant les systèmes d’armes autonomes. Nous voici parvenus à cette date butoir. La question est de savoir si le monde va la respecter, et qui fixera les règles.

Une ligne à ne pas franchir

Une arme autonome, privée d’euphémismes, dépourvue de conscience, d’âme et d’esprit, est une machine qui sélectionne et attaque des cibles en se fondant sur le traitement d’informations provenant de capteurs plutôt que sur une conscience humaine animée par la vision lucide et implacable du coût qu’implique le fait de donner la mort. Même si le déploiement du système est autorisé par un être humain, personne, au moment où une vie est anéantie, n’assume la pleine conscience de cette mort, ni ne la choisit. Par conséquent, lorsqu’un tel système est déployé contre des êtres humains, une vie – ou des milliers de vies – sont fauchées sans aucune retenue ni compréhension du poids de la décision. L’être humain qui a autorisé l’opération n’est jamais contraint de voir le meurtre en face.

À mes yeux, cette question n’est pas de celles sur lesquelles des personnes dotées d’un réel sens moral peuvent simplement prendre acte de leur désaccord. Évoquer ici des « seuils » et des « risques acceptables » peut dissimuler les décisions réelles. Pour moi, il s’agit là d’une limite morale. Le secrétaire général des Nations Unies ne dit pas autre chose, puisqu’il décrit le ciblage autonome d’êtres humains par des machines comme « une limite morale qu’il ne faut pas franchir », et indique que de nombreux États considèrent comme tout simplement immoral le fait de déléguer à une machine la décision de mettre un terme à une vie humaine.

Cette conviction n’est pas étrangère à la position du CICR. Dans son document de position d’octobre 2025 sur les systèmes d’armes autonomes, le CICR décrit ces derniers comme des systèmes qui, une fois activés, peuvent sélectionner et viser des cibles sans autre intervention humaine, et il affirme l’urgence d’adopter de nouvelles règles juridiquement contraignantes, dont l’interdiction des armes autonomes qui présentent un risque inacceptable de violation du droit international humanitaire, y compris les armes imprévisibles, parallèlement à une réglementation stricte des autres armes autonomes. L’encyclique désigne le même mal, mais sous un angle différent, en dénonçant le fait de réduire une personne à un moyen, un objet à traiter, au lieu de voir en elle quelqu’un à prendre en considération. Une arme qui tue sans intervention d’un être humain dans la décision est l’expression la plus parfaite de cette réduction.

En 2020, en Libye, une munition rôdeuse aurait attaqué des combattants qui battaient en retraite, sans que la frappe spécifique ait été autorisée par un être humain. Ce cas est fréquemment cité comme le premier usage d’une arme létale autonome contre des êtres humains. Le seuil a donc déjà été franchi une fois. Notre tâche consiste maintenant à tout faire pour que cela ne devienne pas la norme.

Des injustices que la technologie entérinera

Je tiens ici à évoquer un point que ce débat, lorsqu’il reste cantonné à son périmètre le plus confortable, tend à passer sous silence, mais que je me dois, en tant qu’Africain et en tant qu’humanitaire, de soulever.

La capacité de produire des armes autonomes n’est pas également répartie dans le monde. En 2025, les États-Unis, la Chine et la Russie représentaient, à eux trois, un peu plus de la moitié du total des dépenses militaires dans le monde, et, à l’intérieur de ces pays, les capacités sont encore plus concentrées au sein d’une poignée d’entreprises qui décident de ce qui sera produit et à quel rythme. L’avantage au premier arrivant, dans toute sa brutalité, est évident et sans appel. Les petits gains en termes de vitesse et de létalité s’accumulent, et le fossé entre ceux qui peuvent produire ces systèmes et ceux qui n’en ont pas la capacité, loin de se réduire, ne fait que s’élargir.

Il convient aussi de demander à qui tout cela profite. Les investissements dans les start-ups d’armes autonomes ont dépassé 146 milliards de dollars des États-Unis au cours des seuls cinq premiers mois de 2026, battant déjà le record établi sur l’ensemble de l’année précédente, avec des marges plusieurs fois supérieures à celles que réalisent les entreprises du secteur de la défense traditionnelle. Ce marché a ses raisons de faire en sorte que ces systèmes soient produits, vendus et utilisés, et ces raisons n’ont rien à voir avec la protection de qui que ce soit.

Imaginez une arme capable de tuer sans mettre en danger la vie d’un seul soldat pour la partie qui la détient. La réflexion morale sur l’action guerrière est abolie, mais uniquement pour cette partie. Les personnes les plus susceptibles d’être touchées sont celles qui n’ont pas les moyens de produire, de dissuader ou d’y répondre, et ce fossé ne perdurera pas longtemps. Les drones armés se sont déjà répandus de moins de dix pays en 2010 à plus de 40 aujourd’hui, et plus de 65 groupes armés non étatiques disposent aujourd’hui de capacités plus ou moins étendues d’utiliser des drones. Les armes autonomes suivront la même trajectoire : les plus puissants prendront les devants, puis s’ensuivra un chacun pour soi bien plus ardu à gérer.

Le fait que le fossé pourrait se réduire ne réduit en rien l’urgence, mais au contraire l’exacerbe. Les États qui produisent ces armes utilisent depuis plus d’une décennie la règle du consensus dans le processus de désarmement de Genève pour bloquer les négociations qui pourraient imposer des limites. Ainsi, les puissants produisent les armes tout en gardant la sortie.

Lorsque la mitrailleuse Maxim fut utilisée, dans la première guerre ndébélé de 1893, contre les lances et les boucliers, puis lors du partage de l’Afrique, l’asymétrie technologique, loin de donner lieu à des batailles moins meurtrières, engendra des massacres et assura un siècle de domination. Les armes autonomes sont les descendants numériques de ce même schéma, raison pour laquelle un nombre croissant d’études parlent maintenant de colonialisme numérique et de colonialité algorithmique. Des délégations des pays du Sud ont lancé l’alarme sans détour : les armes dotées d’IA seront probablement testées sur leurs populations. L’Afrique, qui dépend pour son armement des États qui produisent ces systèmes, est largement considérée comme un théâtre probable de déploiement de ces armes. L’enjeu, ici, n’est pas seulement un risque humanitaire, mais un nouvel assujettissement durable : un monde dans lequel les nantis peuvent tuer les démunis, sans encourir le moindre coût, au moyen de machines, et sans fin. Une véritable recolonisation de la force, qui entérinerait les inégalités mondiales pour créer quelque chose comme une caste de nations.

Parallèlement, les pays des Caraïbes, par la Déclaration du CARICOM, d’Amérique latine, par le Communiqué de Belén, et d’Afrique de l’Ouest, par le Communiqué de Freetown de la CEDEAO, ont tous appelé à la conclusion d’un traité contraignant, et des groupes de plus petits États ont présenté leurs propres projets. L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur les armes autonomes trois années de suite, par 166 voix contre 3 en décembre 2024, puis par 164 voix contre 6 en décembre 2025. Plus de 120 États se sont officiellement prononcés en faveur d’un traité. La majorité de l’humanité demande que des mesures de restriction soient prises. Une réponse doit lui être donnée.

Une arme que le droit a déjà rejetée par le passé

Nous avons déjà connu un processus de ce type et nous devrions en tirer les enseignements. Le droit international a, dans quelques rares cas, examiné et interdit une arme. L’interdiction du poison ou des armes empoisonnées est une règle ancienne de droit international humanitaire coutumier, déjà reconnue par le Code Lieber et le Règlement de La Haye, dont le statut de règle coutumière contraignante a ensuite été confirmé par la Cour internationale de Justice. Le poison a été interdit non pas parce qu’il touche parfois une cible qui n’était pas visée, mais parce que aucun utilisateur ne peut prévoir ni limiter ses effets mortels. C’est ce même critère que les armes autonomes ne peuvent pas davantage satisfaire. Une arme qui sélectionne ses propres cibles et qui agit de manière imprévisible pour ses opérateurs tombe dans la même catégorie que des armes aveugles et mérite le même traitement, à savoir l’interdiction et non une simple réglementation.

Les risques sont maintenant décrits dans des documents officiels. La dernière résolution de l’Assemblée générale alerte sur le risque d’une nouvelle course aux armements, de l’abaissement du seuil du recours à la force, d’erreurs d’appréciation et d’escalade rapide des conflits, ainsi que de prolifération vers des acteurs non autorisés et des acteurs non étatiques. Chacun de ces éléments constitue en soi un grave danger. Ensemble, des systèmes conçus pour agir plus rapidement que le jugement de tout être humain, déployés d’abord par les puissants, puis par n’importe quelle partie capable de les acquérir, tracent un chemin sur lequel l’humanité perd tout contrôle sur ses propres instruments de violence.

Il existe un précédent plus récent que les armes nucléaires. En 1995, les États ont interdit les armes à laser aveuglantes, au titre de la Convention sur certaines armes classiques, avant que leur usage ne se répande. C’est la preuve qu’une réglementation préventive peut fonctionner lorsqu’elle intervient avant qu’une arme soit intégrée dans les arsenaux et les doctrines. Les armes autonomes se situent aujourd’hui au même seuil : elles sont employées dans des cas isolés, mais pas encore de manière universelle.

La septième conférence d’examen de la Convention sur certaines armes classiques, en novembre 2026, est l’occasion parfaite d’ouvrir des négociations sur un nouveau protocole. Il faudra, pour désarmer les armes autonomes, constituer une coalition identique à celle requise pour interdire les armes à laser aveuglantes, rassemblant des États et la société civile pour insister afin que la technologie soit maîtrisée avant que son emploi ne devienne courant, plutôt que de négocier pour imposer des limites à une arme déjà présente dans tous les arsenaux. Un traité contraignant n’est pas un obstacle à la sécurité nationale, mais bien le seul moyen de prévenir le danger.

L’IA n’est pas l’ennemi

Le présent article n’est pas une critique de l’intelligence artificielle. L’encyclique elle-même prend bien soin de préciser que la technologie n’est pas, en soi, l’ennemie de l’humanité, ni quelque chose de maléfique, bien que, comme le souligne le pape, elle ne soit jamais neutre, car elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent et la déploient.

Utilisée à bon escient, l’IA peut contribuer à créer un monde meilleur : elle peut élargir l’accès à l’éducation là où les enseignants manquent, ouvrir des possibilités commerciales à ceux qui sont privés depuis longtemps d’accès aux marchés mondiaux, renforcer la gouvernance, accélérer les traitements médicaux et rendre l’action humanitaire plus rapide et plus équitable. Ces outils sont parmi les plus positifs de notre temps, et les pays du Sud doivent pouvoir en bénéficier au même titre que n’importe qui. Désarmer l’IA, au sens de l’encyclique, ne revient pas à la rejeter, mais bien à la libérer d’une logique de compétition armée, et à la ramener à des objectifs d’humanité.

La pluralité invoquée par l’encyclique

Pour créer une IA qui serve le bien commun plutôt que d’assurer une domination, il faut répondre à une question plus difficile, à savoir sur quelle vision de l’humain elle se fondera. L’encyclique ne se contente pas de l’hypothèse confortable qu’il suffirait d’« aligner » l’IA sur les valeurs humaines ; elle pose la question de savoir sur quelles valeurs, et sur quelle image de la personne elle devrait être alignée. Une moralité définie par une poignée de personnes, suggère le texte, ne constitue en rien une moralité partagée. En outre, le pape affirme que désarmer l’IA signifie la restituer « à la pluralité des cultures humaines et des formes de vie », qui sont essentielles et doivent être respectées.

Il s’agit là d’une invitation à laquelle de nombreuses traditions pourraient répondre : les philosophies relationnelles de l’Asie, les philosophies indigènes des Amériques, et les traditions relationnelles africaines au sein desquelles je travaille. Ubuntu, le principe igbo de Igwebuike, et un cadre de référence que je suis en train d’élaborer, appelé Ijeluwa, qui considère qu’une personne n’est pas un individu isolé qui noue ensuite des relations, mais bien un être qui se constitue à travers ces relations, sont parmi les nombreuses voix conviées par la pluralité de l’encyclique. Leur pertinence, s’agissant des enjeux de l’IA, dépasse le seul cadre du champ de bataille.

Les mêmes hypothèses réductrices qui permettent à une machine d’annihiler une vie humaine permettent aussi à une base de données de réduire un réfugié à un jeu de données, comme je l’ai affirmé dans un article paru ici même, lorsque les systèmes humanitaires, phénomène bien trop fréquent, aident des individus tout en portant préjudice aux personnes. Qu’il s’agisse d’une arme qui cible une personne ou d’un système d’enregistrement biométrique qui traite les données concernant cette personne, une tradition relationnelle pose la même question : ce système voit-il la personne comme le réseau de relations qui la constitue, ou simplement comme une unité à traiter ? Voilà un critère qui mérite d’être intégré à la manière dont nous gérons l’IA, et les traditions du monde pourraient nous aider à en concevoir bien d’autres.

Ce que j’appelle de mes vœux

Je conclus là où commence ma conviction. En tant qu’humanitaire et du point de vue qui m’est propre, je demande trois choses.

Premièrement, que les États ouvrent des négociations, lors de la Conférence d’examen de la Convention sur certaines armes classiques qui se tiendra en novembre, sur l’instrument contraignant qu’ont appelé de leurs vœux le secrétaire général des Nations Unies et la présidente du CICR : un texte interdisant les armes autonomes dont les effets ne peuvent être prédits ni maîtrisés de manière fiable, ainsi que tout système conçu pour prendre pour cible des êtres humains, assorti d’une réglementation stricte des autres armes autonomes. Le meurtre d’un être humain par une arme autonome devrait être non moins impensable et illégal que l’emploi du poison, une position consacrée par le droit depuis plus d’un siècle, quel que soit l’utilisateur de l’arme.

Deuxièmement, que nous dénoncions et refusions les inégalités que cette technologie menace d’entériner, et que soit reconnu le rôle directeur des pays du Sud, non comme quelque chose d’accessoire, mais bien comme un élément central de ce débat, en prenant acte du fait que ce « Sud global » n’est pas une coalition de vote avec une position unique, mais qu’il représente des dizaines d’États, de déclarations régionales et de coalitions de la société civile qui ont effectué le travail bien plus ardu de faire émerger un consensus en surmontant des divergences bien réelles, car ceux qui sont le plus exposés aux armes autonomes sont aussi ceux qui ont fait le plus pour exiger que des limites leur soient imposées.

Troisièmement, que nous entendions l’invitation contenue dans l’encyclique en élaborant une IA qui orientera l’éducation, le commerce, la gouvernance et l’action humanitaire dans le dialogue avec la pluralité des traditions humaines, afin que la question de savoir qui est une personne, et ce qui lui est dû, reçoive une réponse avant qu’une machine ne soit autorisée à agir en fonction de la réponse.

Le pape Léon XIV clôt sa lettre encyclique sur l’image d’un chantier : un mur en construction, avec une section qui attend chacun de nous. La section destinée au monde humanitaire est celle-ci. La vie humaine est un bien précieux, et l’Église insiste depuis longtemps sur le fait que nul ne détient l’autorité légitime d’y mettre un terme. C’est précisément pour cette raison que l’acte consistant à ôter la vie ne saurait en aucun cas être délégué à un algorithme dépourvu de toute considération morale. C’est là, de mon point de vue, ce qu’il faut entendre par désarmement, et c’est la chose la plus urgente qui est due aux personnes parmi lesquelles j’ai passé ma vie.

 

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