L’effroi suscité par les impitoyables attaques du 7 octobre en Israël et les réponses militaires qui ont suivi, appellent à une réaffirmation du droit international humanitaire. Celui-ci fait obligation à toute partie à un conflit de respecter des règles intangibles comme l’interdiction absolue de s’attaquer à la population civile.

Le droit international humanitaire s’applique à tout conflit armé, quelqu’il soit et où qu’il soit. Les civils ne doivent pas être attaqués. Les combattants blessés ou capturés doivent être traités avec humanité. Les prises d’otages, tout comme les attaques indiscriminées, sont interdites.

Epargner les civils

Lors d’attaques, toutes les précautions possibles doivent être prises pour épargner la population civile qui doit être éloignée des cibles.

Respecter la mission médicale

Les personnes capturées doivent être traitées avec humanité ; leur dignité, respectée. La torture ou les traitements dégradants sont de tout temps et quelque soit les circonstances, interdits. La mission médicale doit être respectée et ne doit jamais faire l’objet d’attaque, d’intimidation ou d’entraves. Le droit international humanitaire prévoit également que les morts puissent être identifiés pour renseigner les familles. Il prévoit également que leur intégrité soit respectée.

Le droit international humanitaire s’applique à tous les conflits armés

196 Etats sont aujourd’hui parties au socle du droit international humanitaire, les Conventions de Genève. A travers l’article 1 commun à ces textes, ils se sont engagés à respecter et à faire respecter les principes fondamentaux énoncés, entre autres, ci-dessus.

Toute partie à un conflit, étatique ou non étatique, a l’obligation de respecter ces mêmes principes. Les violer est constitutif de crimes de guerre.

L’appel du CICR

Dès le samedi 7 octobre, le CICR, intermédiaire neutre dans les conflits armés et gardien des Conventions de Genève lançait cet appel par la voix de son directeur régional pour le Proche et Moyen-Orient, Fabrizio Carboni :

Genève (CICR) – Le Comité international de la Croix-Rouge est extrêmement préoccupé par l’intensification alarmante des violences armées dont Israël et les territoires occupés sont le théâtre depuis samedi matin.
 
Le CICR appelle toutes les parties à s’acquitter des obligations juridiques qui leur incombent au titre du droit international humanitaire (DIH). Les civils et les personnels de santé doivent être respectés et protégés en toutes circonstances.

« Les images et les nouvelles qui nous parviennent ce matin sont effroyables », déclare Fabrizio Carboni, directeur régional du CICR pour le Proche et le Moyen-Orient. « Les actes de violence ciblant des civils sont odieux ; rien ne saurait les justifier. Si la situation continue de s’aggraver, les populations civiles des deux camps endureront d’immenses souffrances. »

« Des informations circulent selon lesquelles des personnes auraient été capturées ou détenues. Je tiens à rappeler que le DIH interdit de prendre des otages ainsi que de menacer d’en prendre. Toutes les personnes détenues, y compris les combattants, doivent être traitées avec humanité et dignité. »

« Toutes les parties doivent se conformer aux obligations que leur impose le DIH – c’est un impératif non négociable. Les civils et les biens de caractère civil doivent être respectés et protégés. Le personnel soignant et les établissements de santé doivent aussi être protégés pour permettre à tous ceux qui ont besoin de soins d’en recevoir. Les morts doivent bénéficier d’un traitement digne. »

« En notre qualité d’intermédiaire neutre, nous nous tenons prêts à visiter toute personne détenue pour nous assurer de son bien-être et donner des nouvelles à ses proches. »