Impacté par les conflits au Sahel et dans la zone du lac Tchad, le Niger subit également de plus en plus les conséquences du changement climatique. De plus, de part sa situation géographique, le pays est traversé par une route migratoire empruntée par des milliers de personnes qui vivent dans des conditions précaires. Résultat : une situation humanitaire plus que préoccupante pour des dizaines de milliers de personnes. Dans ce contexte, le CICR propose une palette d’activités d’assistance et de protection très diversifiée.

L’an passé, par exemple, les équipes sur le terrain ont fourni de la nourriture à quelque 138 000 déplacés ou réfugiés.

Dans le cadre de ses activités de protection, le CICR a offert ses services à plus 4 000 personnes détenues dans 11 centres de détention. Notamment par des visites régulières et un dialogue confidentiel avec les autorités pénitentiaires sur la gestion des centres de détention, comme la nutrition, la santé carcérale, l’hygiène.

Pourquoi visiter les détenus ?

Par les Conventions de Genève, le Comité international de la Croix-Rouge a reçu le mandat de visiter les prisonniers de guerre et les internés civils en période de conflit. Partout où cela est possible, il visite également les personnes détenues dans d’autres situations de violence. Ces visites se déroulent dans l’objectif de garantir aux détenus un traitement avec humanité et dignité.

Donner une seconde chance après la prison

Surpopulation carcérale, privation de contact avec les proches, accès aux soins de santé limité… les abus nourrissent la haine. Si les détenus ne sont pas traités avec dignité pendant leur détention, il est probable qu’ils récidivent. Le CICR encourage tout dessein qui permettra aux détenus d’être traités dignement.

A la maison d’arrêt d’Agadez, Ibrahim Ranaou s’est engagé à former les détenus au tissage. Ce père de cinq enfants parcourt 6 kilomètres sur son tricycle pour former et apprendre un métier aux détenus. Les recettes de la vente de chaises tissées leur permettent d’acheter du matériel pour poursuivre la formation. Grâce au travail d’Ibrahim, les anciens détenus ont plus de chance de se réintégrer et de ne pas récidiver.

Anne-Hélène Mahé

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